
»
- Voici comment les choses sont calculées, dit Himmler.
Un soldat SS ou un sous-officier commet une infraction au règlement : désobéissance à un supérieur, retard pour rentrer de permission, absence illégale ou autre délit de ce genre.
Bien.
Il passe devant un conseil de discipline. Là, on lui propose l’alternative : être puni et voir cette punition inscrite sur son carnet militaire, ce qui lui enlève toute chance d’avancement, ou aller dans un camp de concentration à titre de gardien, avec tous privilèges et libertés à l’égard des prisonniers.
Il choisit la dernière proposition.
Bien.
Peu après son arrivée dans le camp son chef lui demande
-remarquez bien, n’ordonne pas, mais demande seulement-
de torturer, puis d’exécuter un détenu.
En général, le nouvel arrivant se révolte.
Alors le chef lui donne le choix : être renvoyé à son corps, subir une peine disciplinaire aggravée ou accomplir la besogne.
En général, le soldat préfère rester.
La première fois qu’il fait souffrir et tue un homme, c’est à contrecoeur.
La deuxième expérience est plus facile.
Finalement, il y prend goût et commence à se vanter de son ouvrage.
Alors, comme il est encore trop tôt pour que ces choses deviennent publiques, il est liquidé à son tour et remplacé par un autre.
Les deux hommes gardèrent un assez long silence.
Himmler pour goûter à loisir la juste fièrté que lui inspirait une méthode aussi ingénieuse et Kersten pour reprendre son sang froid.
- C’est vous, demanda Kersten enfin, qui avez mis au point le système?
- Oh non! s’écria Himmler dans un élan qui exaltait sa foi la plus profonde, oh non! C’est le Führer en personne. Son génie va jusqu’aux plus petits détails. »
Cette jolie petite histoire, je l’ai extraite d’un bouquin que m’a prêté un client (Salut Nicolas!) et qui s’appelle « Les mains du miracle », de Joseph Kessel. Je n’ai jamais douté du pouvoir de manipulation que l’on était capable d’exercer sur l’âme humaine, mais là je trouvais l’exemple tellement parlant que j’ai pensé utile de vous le partager…
Dans le même esprit, je vous conseille vivement le film « Das Experiment », un petit chef-d’oeuvre. Une heure après avoir visionné ce bijou, j’ai longuement hésité entre pleurer, vomir dans la poubelle, ou me suicider. Finalement, je n’ai opté pour aucune de ces options, mais je suis quand même contente d’avoir vu en images à quel point la noirceur humaine peut aller loin, très loin.
Amen.
ShareJe me suis bien fait croquer par la belle Alys, un soir que je pestais encore contre les hommes de la terre entière à la jolie librairie. C’est sur son blog à elle, « Minuscule infini », et c’est à voir en un click ci-dessous. Bon, je m’en vais rejoindre ma blonde pote dans le bled à côté pour manger des Farfalle avec une poignée de gonzesse’s, donc je vous souhaite à tous une excellente soirée sous le soleil et file de ce pas acheter des champignons…
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